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Modes d’exercice

Exercer à l’hôpital en Nouvelle-Calédonie : les établissements et les postes

En bref — L’hospitalisation publique calédonienne repose sur trois établissements : le centre hospitalier territorial Gaston-Bourret, dit Médipôle, ouvert en décembre 2016 et fort de 528 lits et places, le Centre Hospitalier du Nord sur deux sites, et un centre hospitalier spécialisé en psychiatrie (CHT Gaston-Bourret, 2026). S’y ajoutent une clinique privée et un centre de radiothérapie en Nouvelle-Calédonie.

Un médecin consulte un dossier sur sa tablette.
À l’hôpital calédonien, l’exercice est spécialisé, en équipe, avec un plateau technique complet.

Quels hôpitaux en Nouvelle-Calédonie ?

La carte hospitalière calédonienne est courte, et c’est ce qui la rend lisible. Le secteur public repose sur trois établissements : le centre hospitalier territorial Gaston-Bourret, installé au Médipôle de Koutio, à Dumbéa ; le Centre Hospitalier du Nord, sur les sites de Koumac et de Poindimié, avec le pôle sanitaire de Koné ; et le centre hospitalier spécialisé Albert-Bousquet, à Nouville, seul établissement public psychiatrique du territoire. S’y ajoutent un centre de soins de suite et de réadaptation à Koutio, et, du côté privé, la clinique Kuindo-Magnin et un centre de radiothérapie (DASS-NC, 2026).

Rappel utile pour comprendre qui recrute : l’hôpital est territorial, le dispensaire est provincial. Les établissements hospitaliers relèvent de la Nouvelle-Calédonie, quand les centres médico-sociaux relèvent des provinces. Deux employeurs, deux logiques de recrutement, deux régimes.

Le Médipôle — centre hospitalier territorial Gaston-Bourret

C’est l’établissement de recours du territoire, et de loin le plus gros employeur médical de Nouvelle-Calédonie. Ouvert au public en décembre 2016, il déploie 90 000 m² sur 15 hectares et concentre l’essentiel des spécialités et du plateau technique lourd.

528
lits et places, avec une extension prévue à 645 CHT Gaston-Bourret · 2026
plus de 2 000
agents, dont 250 médecins et chirurgiens et 930 infirmiers et aides-soignants CHT Gaston-Bourret · 2026
40 000
hospitalisations par an, 58 000 consultations médicales CHT Gaston-Bourret · 2026

Le plateau technique compte huit salles d’opération, une IRM, deux scanners et six salles de naissance, et l’établissement absorbe jusqu’à 60 000 passages aux urgences par an ; 70 % des chambres sont individuelles (CHT Gaston-Bourret, 2026). Cinquante sages-femmes y exercent.

Pour un praticien, l’intérêt du Médipôle tient à deux choses. D’abord un exercice réellement spécialisé, en équipe, avec un plateau complet — ce que le dispensaire ne peut pas offrir. Ensuite une position de recours territorial : c’est ici qu’arrivent les évacuations sanitaires venues des dispensaires et des îles, ce qui donne un recrutement de pathologies large et souvent avancé.

Le Centre Hospitalier du Nord

Il assure l’offre hospitalière de la province Nord depuis deux sites, Koumac et Poindimié, complétés par le pôle sanitaire de Koné (DASS-NC, 2026). Koumac ne dispose pas d’un centre médico-social communal classique : l’offre s’y organise autour de l’hôpital et d’un Centre Mère-Enfant.

L’enjeu y est différent de celui de Nouméa. La province Nord affiche une densité de 123,5 médecins pour 100 000 habitants, contre 246,0 en province Sud (DASS-NC, 2015) : l’hôpital du Nord travaille en articulation étroite avec les 17 centres médico-sociaux de la province, dont il est le premier niveau de recours avant Nouméa. Pour un médecin, c’est un exercice hospitalier de proximité, moins spécialisé qu’au Médipôle et beaucoup plus polyvalent.

Le centre hospitalier spécialisé — psychiatrie et gériatrie

Le CHS Albert-Bousquet, à Nouville, est le seul établissement public hospitalier psychiatrique de Nouvelle-Calédonie et couvre à ce titre l’ensemble du territoire. Il s’organise en trois grands services : un centre de gérontologie clinique, la pédopsychiatrie pour les moins de dix-huit ans, et la psychiatrie générale, avec des unités intra et extra-muros à Nouméa comme en brousse, et des antennes médico-psychologiques en province Nord et aux Îles Loyauté (gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, 2026). Les données publiques disponibles, non datées, font état de 184 lits, dont 104 en psychiatrie et 80 en gériatrie.

La psychiatrie fait partie des spécialités les plus durablement en tension du territoire. Un poste y a une portée particulière : faute d’alternative publique sur le territoire, ce qui ne se traite pas ici se traite à l’autre bout du monde.

Le secteur privé

Le privé calédonien est concentré et récent. La clinique Kuindo-Magnin regroupe l’essentiel de l’hospitalisation privée du territoire, et un centre de radiothérapie complète l’offre en cancérologie (DASS-NC, 2026). L’exercice y est plus proche du modèle métropolitain que dans le public, et les modalités contractuelles varient d’une spécialité à l’autre.

Les spécialités les plus recherchées

La tension calédonienne n’est pas uniforme : elle est d’abord géographique. 304 médecins spécialistes exercent dans le Grand Nouméa, soit 94,1 % du total, et aucun n’est installé en province des Îles Loyauté (DASS-NC et INSEE via l’IEOM, 2019). Le tableau ci-dessous décrit les tendances de recrutement convergentes, sans les transformer en volumes que personne ne publie.

Spécialités en tension et structures concernées
Spécialité Où le besoin s’exprime Ce qui l’explique
Psychiatrie et pédopsychiatrie Établissement spécialisé, antennes médico-psychologiques Un seul établissement public pour tout le territoire
Médecine d’urgence Hôpital territorial, hôpital du Nord Volume de passages et régulation des évacuations sanitaires
Oncologie Hôpital territorial, centre de radiothérapie Prise en charge entièrement territorialisée
Hépato-gastro-entérologie Hôpital territorial Poids des pathologies chroniques et hépatiques
Pneumologie Hôpital territorial Pathologies respiratoires fréquentes en suivi chronique
Ophtalmologie et ORL Hôpital territorial, vacations en province Accès très inégal hors du Grand Nouméa
Médecine générale polyvalente Hôpital du Nord, centres médico-sociaux Besoin structurel hors agglomération
Chirurgiens-dentistes et infirmiers Toutes structures Tension constante, îles comprises
Les spécialités durablement recherchées en Nouvelle-Calédonie et le type de structure concerné.

Certaines prises en charge, en revanche, ne se font pas sur le territoire, la population étant trop faible pour les soutenir : neurochirurgie, greffe rénale, PET scan, scintigraphie. Elles relèvent d’une évacuation sanitaire hors territoire, organisée par le Contrôle médical de la CAFAT, dont la commission se réunit une fois par semaine (CAFAT, 2026).

Hôpital ou dispensaire : comment choisir

C’est la vraie question d’un médecin qui hésite entre les deux formes de salariat calédonien. Elles ne se distinguent pas par le prestige, mais par la nature du métier.

Exercice hospitalier / exercice en centre médico-social
Critère À l’hôpital En dispensaire (CMS)
Employeur Établissement public territorial ou clinique privée Une province
Nature de l’exercice Spécialisé, en profondeur, au sein d’un service Polyvalent, en étendue : consultation, urgence, PMI, tribu
Plateau technique Complet : imagerie lourde, blocs, réanimation Échographe, biologie délocalisée, télémédecine
Permanence des soins Gardes et astreintes organisées par service Astreinte à domicile, tour d’équipe ; c’est le CMS qui assure la permanence
Cadre de vie Agglomération de Nouméa, ou Koumac et Poindimié Brousse ou île, logement de fonction et véhicule de service fournis
Ce qu’on y apprend La technicité et le travail de service L’autonomie décisionnelle et la santé publique de terrain
Bon format d’essai Contrat de six mois renouvelable Mission d’un à trois mois, puis contrat long
Le comparatif des deux formes de salariat médical en Nouvelle-Calédonie.

Si l’étendue et l’autonomie l’emportent, lisez le poste de médecin en dispensaire, décrit en détail. Si vous hésitez encore entre les quatre modes d’exercice, revenez au guide parent : exercer en Nouvelle-Calédonie.

Trois questions sur l’exercice hospitalier

Le Médipôle est-il un centre hospitalier universitaire ?

Non. Le Médipôle est le centre hospitalier territorial de la Nouvelle-Calédonie, pas un CHU : il n’y a pas de faculté de médecine complète sur le territoire. Il en a en revanche le plateau technique et le volume — 528 lits et places, 8 salles d’opération, une IRM, deux scanners, jusqu’à 60 000 passages aux urgences par an (CHT Gaston-Bourret, 2026).

Y a-t-il de la psychiatrie hospitalière ailleurs qu’à Nouméa ?

L’hospitalisation psychiatrique publique est concentrée sur un seul établissement, à Nouméa, qui couvre tout le territoire. Il déploie en revanche des unités extra-muros et des antennes médico-psychologiques en province Nord et aux Îles Loyauté, ainsi que des vacations de psychiatre et de psychologue dans les centres médico-sociaux.

Peut-on candidater directement auprès d’un hôpital calédonien ?

C’est possible, mais ce n’est pas le chemin le plus court, et ce site ne publie aucune coordonnée d’établissement. MEDI’CAL connaît les besoins ouverts, présente votre dossier au bon interlocuteur et suit les formalités d’Ordre, de logement et de voyage. L’accompagnement est gratuit pour les praticiens : le cabinet est rémunéré par les structures de santé.

La grille complète des émoluments — treize échelons pour les praticiens, trois pour les assistants, aux deux coefficients d’indexation — est publiée sur la page consacrée au salaire du praticien hospitalier. Le mécanisme d’ensemble de la rémunération est sur la page salaire, et les questions générales dans la foire aux questions.

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