À faire en premier
Les formalités d’exercice, étape par étape
L’arbre de décision moins de 3 mois / plus de 3 mois, et le rétroplanning.
Vie sur place
En bref — Aucun visa n’est nécessaire pour un ressortissant français : la Nouvelle-Calédonie est une collectivité française du Pacifique. Le trajet depuis Paris demande environ 24 heures, escale comprise, et le décalage horaire est de +9 à +10 heures. Le reste de l’installation tient en 10 étapes : diplômes, assurance, bagages, fret, logement, permis, CAFAT, école, banque, quotidien. Deux points décident souvent du mois de départ : le fret maritime, qui demande un à deux mois (CHT Gaston-Bourret), et la rentrée scolaire, fixée à la mi-février (DENC).
Commençons par lever l’objection la plus fréquente, et la plus mal renseignée sur le web : un ressortissant français n’a besoin ni de visa ni de permis de travail pour s’installer et exercer en Nouvelle-Calédonie. Le territoire est une collectivité française du Pacifique : une carte nationale d’identité ou un passeport en cours de validité suffit, et il n’existe aucune démarche d’immigration.
Trois documents commandent tout le reste. Les originaux de vos diplômes, parce que l’enregistrement auprès de la DASS-NC se fait sur présentation des originaux et qu’il conditionne l’exercice. Votre attestation d’inscription ordinale, qui doit dater de moins de trois mois si vous exercez plus de trois mois. Et votre attestation d’assurance en responsabilité civile professionnelle, dont il faut vérifier auprès de l’assureur qu’elle couvre bien un exercice en Nouvelle-Calédonie.
Le détail du parcours administratif est traité sur la page consacrée aux formalités d’exercice : c’est la brique à sécuriser en premier, parce qu’elle dépend d’un tiers.
Paris–Nouméa est une liaison ultra-long-courrier avec au moins une escale — Tokyo, Osaka, Singapour ou Bangkok selon la compagnie et la saison. Comptez environ 24 heures de trajet, escale comprise, parfois davantage selon l’itinéraire. Autrement dit : une journée entière de voyage, à planifier comme telle.
À l’arrivée, le décalage horaire est de +9 heures en été métropolitain et de +10 heures en hiver métropolitain — la Nouvelle-Calédonie ne change pas d’heure. Prévoyez deux à trois jours avant la première garde ; c’est le conseil que nous donnons à tous les praticiens que nous plaçons.
| Sujet | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Documents | Les originaux des diplômes voyagent en cabine, jamais dans le fret : ils sont exigés pour l’enregistrement auprès de la DASS-NC. |
| Franchise de bagages | Elle varie fortement d’une compagnie à l’autre, et le kilo supplémentaire coûte cher. C’est le premier poste de mauvaise surprise à l’aéroport. |
| Excédent de bagages | Certains employeurs délivrent une autorisation d’excédent de bagages sur le trajet entre Nouméa et la commune ou l’île d’affectation. À demander, ce n’est pas automatique. |
| Appareils électroniques | Emportez les factures : au-delà d’une certaine ancienneté, elles évitent une taxation à l’entrée. |
| Produits frais | Interdits à l’importation. Les règles phytosanitaires protègent une biodiversité endémique et les contrôles sont stricts. |
| Linge de maison | Draps, couettes, oreillers et couvertures ne sont pas fournis avec le logement meublé. C’est le détail que tout le monde découvre le premier soir. |
Deux voies, et un arbitrage simple. Le fret maritime est la solution économique : comptez un à deux mois de transit (CHT Gaston-Bourret). Le fret aérien est rapide et coûteux : on le réserve à ce dont on ne peut pas se passer pendant deux mois. Beaucoup de praticiens tranchent autrement et rachètent sur place, d’occasion, ce qui ne justifie pas un conteneur.
Dans tous les cas, le fret s’engage dès l’acceptation du poste, et surtout pas après le départ : c’est l’erreur classique, celle qui laisse un praticien sans ses affaires pendant tout un premier contrat.
Prévoyez aussi le petit détail qui ne coûte rien à savoir : l’électricité calédonienne est en 220/240 volts, 50 hertz, aux normes européennes (CHT Gaston-Bourret). Vos appareils fonctionnent tels quels, aucun adaptateur n’est à prévoir.
Sur les contrats longs, un dispositif provincial permet, selon l’employeur et la durée du contrat, le financement d’un conteneur et le passage d’un véhicule par bateau entre Nouméa et l’île ou la commune d’affectation. Ce n’est pas un droit universel : faites-le préciser dans le contrat, pas à l’oral.
Sur les postes de centre médico-social, le logement de fonction est fourni et meublé : un logement individuel d’une à trois chambres, situé à proximité immédiate du centre, avec literie, mobilier, électroménager, vaisselle et matériel d’entretien. L’eau, l’électricité et le gaz sont pris en charge par la collectivité, et certains logements sont climatisés.
Ce qu’il faut savoir avant de faire ses valises :
Là, vous passez par le marché locatif du Grand Nouméa, et il vaut mieux connaître les ordres de grandeur avant de négocier son contrat. Le CHT Gaston-Bourret les publie à l’intention de ses propres candidats : le loyer d’une colocation à Nouméa se situe entre 50 000 et 100 000 XPF, celui d’un studio ou d’un petit F2 autour de 100 000 XPF, celui d’une maison de quatre à cinq pièces entre 250 000 et 400 000 XPF, avec une caution d’un mois généralement demandée. À la parité fixe du franc Pacifique, ces loyers représentent de l’ordre de 420 à 840 €, 840 €, et 2 100 à 3 350 €.
Bonne nouvelle, et elle contredit ce qu’on lit souvent : un permis de conduire délivré en France métropolitaine est reconnu en Nouvelle-Calédonie, et son échange est facultatif (DITTT). Vous conduisez avec votre titre, sans démarche, tant qu’il reste valide. L’échange ne devient obligatoire que dans trois cas : une suspension ou une annulation prononcée sur le territoire, l’obtention d’une nouvelle catégorie sur place, ou l’expiration de votre titre.
Le délai d’un an dont on entend parler existe bel et bien, mais il ne vous concerne probablement pas : il vaut pour les permis étrangers non européens, qui doivent être échangés dans l’année suivant l’acquisition d’une résidence normale en Nouvelle-Calédonie, faute de quoi ils cessent d’y être valables. Comptez environ un mois d’instruction si vous engagez malgré tout un échange, dossier complet (DITTT).
Le véhicule de service, quand le poste en prévoit un, sert aux déplacements professionnels : dispensaires annexes, visites à domicile, visites en tribu, transport de prélèvements. Son usage privé est exclu, week-ends et jours fériés compris sauf pour le personnel de garde, et un carnet de bord est tenu. Conclusion pratique : prévoyez un véhicule personnel dans votre budget d’installation.
Trois démarches, à faire dans les premiers jours. L’affiliation à la CAFAT, qui ouvre la couverture maladie et maternité par le RUAMM ainsi que les prestations familiales (CAFAT). L’obtention d’un numéro fiscal auprès de l’administration calédonienne — la fiscalité y est propre au territoire, comme l’explique la page consacrée aux impôts. Et l’ouverture d’une ligne téléphonique et d’un accès internet auprès de l’opérateur territorial.
C’est le fait le plus structurant de toute cette page pour une famille, et c’est aussi celui que personne ne voit venir. La Nouvelle-Calédonie est dans l’hémisphère sud, donc son année scolaire est inversée : la rentrée a lieu à la mi-février et les grandes vacances courent de la mi-décembre à la mi-février. Entre les deux, quatre périodes de vacances de deux semaines, en avril, en juin, en août et en octobre (DENC).
Conséquence très concrète : un départ calé sur la rentrée métropolitaine de septembre fait arriver vos enfants au milieu de l’année scolaire calédonienne, à quatre mois des grandes vacances. Un départ en janvier les fait arriver juste avant la rentrée locale. La date de prise de fonction se négocie ; le calendrier scolaire, non.
| Repère | Nouvelle-Calédonie | France métropolitaine |
|---|---|---|
| Rentrée des élèves | lundi 15 février 2027 | début septembre |
| Grandes vacances | à partir du samedi 18 décembre 2027 | juillet et août |
| Coupures intermédiaires | quatre fois deux semaines : avril, juin, août, octobre | cinq coupures, dont deux semaines à Noël |
| Saison au moment de la rentrée | fin de l’été austral, saison chaude et humide | fin de l’été boréal |
Le reste rassure : l’enseignement suit les programmes de l’Éducation nationale, du primaire au lycée, avec des adaptations locales en histoire-géographie et l’enseignement facultatif des langues et de la culture kanak en maternelle. Une université est implantée sur le territoire. Les inscriptions en maternelle et en élémentaire passent par la commune de résidence et le directeur d’école ; au collège et au lycée, directement par l’établissement de secteur.
C’est l’objection numéro un des couples, et elle mérite une réponse honnête. Les communes de brousse et des îles disposent d’écoles primaires et de collèges ; le lycée et l’enseignement supérieur se concentrent dans le Grand Nouméa. Pour les tout-petits, l’agglomération dispose de crèches et de services de garde à domicile — l’offre est incomparablement plus dense dans le Grand Nouméa qu’en brousse, et c’est un critère de choix du poste à part entière. La question du travail du conjoint se pose différemment selon le secteur : elle se prépare avant le départ, et nous l’abordons systématiquement lors de l’échange.
Dernier point que les familles découvrent trop tard : faire venir un animal domestique est possible, mais la procédure est longue et coûteuse, et elle relève du service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire du territoire. Elle s’engage plusieurs mois avant le départ, pas au moment de réserver les billets.
Côté santé de la famille, le territoire dispose d’un calendrier vaccinal propre — BCG et hépatite B dès la naissance, vaccin grippal de l’hémisphère sud avant l’hiver austral (DASS-NC). Et une bonne nouvelle contre-intuitive : ni paludisme ni rage autochtone en Nouvelle-Calédonie.
La monnaie est le franc Pacifique, dont la parité avec l’euro est fixe et garantie depuis 1999 : 1 € = 119,3317 XPF (IEOM). Aucun risque de change, donc, ni sur place ni au retour.
En brousse et aux îles, les communes disposent généralement d’une agence bancaire, d’un bureau de poste, de deux ou trois supérettes et d’une station-service ; les distributeurs automatiques peuvent être fermés le week-end, et les prix sont plus élevés qu’à Nouméa du fait de l’éloignement. Internet est disponible au dispensaire et une ligne peut être ouverte à domicile, à un coût nettement supérieur au tarif métropolitain, avec une couverture mobile inégale.
Quant à la vie sociale, elle existe — elle est simplement d’un autre type : base nautique, plongée, médiathèque, associations sportives, fêtes culturelles locales, ventes et bingos de tribu.
L’installation n’est difficile que si vous la découvrez seul, dans le désordre et trop tard. Notre accompagnement est 100 % gratuit pour les praticiens — MEDI’CAL est rémunéré par les structures de santé — et il couvre :
Être accompagné sur mon installation
À faire en premier
L’arbre de décision moins de 3 mois / plus de 3 mois, et le rétroplanning.
Argent
Indexation, avantages en nature, fiscalité locale.
medi-cal.nc
La page pratique du site officiel MEDI’CAL.
Non. Le logement fourni sur les postes de centre médico-social est meublé — literie, mobilier, électroménager, vaisselle, matériel d’entretien — et l’eau, l’électricité et le gaz sont pris en charge par la collectivité. En revanche, draps, couettes, oreillers, couvertures et consommables du quotidien restent à votre charge : emportez-les ou achetez-les sur place.
Non, sauf pour le personnel de garde. Le véhicule de service est destiné aux déplacements professionnels : dispensaires annexes, visites à domicile, visites en tribu, transport de prélèvements. L’usage privé est exclu, comme le transport de personnes extérieures à la collectivité. Un véhicule personnel reste donc nécessaire pour la vie hors travail.
Les produits frais sont interdits à l’importation, et les règles phytosanitaires sont sévères : la biodiversité endémique du territoire est considérée comme fragile et les contrôles sont stricts. Pour les appareils électroniques, voyagez avec les factures : elles attestent de leur ancienneté et évitent une taxation à l’entrée.
Oui. Un permis délivré en France métropolitaine est reconnu en Nouvelle-Calédonie et son échange est facultatif : il ne devient obligatoire qu’en cas de suspension ou d’annulation prononcée sur le territoire, d’obtention d’une nouvelle catégorie sur place, ou d’expiration du titre (DITTT). Le délai d’un an souvent cité vise les permis étrangers non européens, pas les permis français. Prévoyez en revanche un véhicule personnel : hors du Grand Nouméa, les distances sont réelles et un centre médico-social de brousse peut se trouver à plusieurs heures de route de Nouméa.
Avant la mi-février, si le contrat le permet. L’année scolaire calédonienne est inversée : la rentrée des élèves a lieu à la mi-février — le 15 février en 2027 — et les grandes vacances courent de la mi-décembre à la mi-février, avec quatre coupures de deux semaines en avril, juin, août et octobre (DENC). Un départ calé sur la rentrée métropolitaine de septembre fait arriver les enfants au milieu de l’année scolaire locale. Les programmes, eux, sont ceux de l’Éducation nationale.
Non, à condition d’avoir le bon document. Un accord de coordination lie la Nouvelle-Calédonie et la métropole : un salarié qui reprend une activité sur le territoire fournit à la CAFAT ses six derniers bulletins de salaire et le formulaire SE 988-02, délivré par sa caisse d’assurance maladie. Sans reprise d’activité, l’affiliation se fait par l’assurance volontaire maladie, sans délai de carence, en tenant compte des périodes accomplies en métropole (CAFAT). Ce formulaire se demande avant le départ.