Le guide de référence
Le système de santé
Le pilier dont cet article est un satellite : le sujet traité de bout en bout.
Comprendre le territoire
En bref — La Nouvelle-Calédonie compte 271 médecins pour 100 000 habitants, contre 334 en France métropolitaine (DASS-NC et INSEE, via l’IEOM, 2022), soit environ 80 % de la densité métropolitaine. L’écart tient moins au nombre qu’à la répartition : 94,1 % des spécialistes exercent dans le Grand Nouméa, et aucun n’est installé en province des îles Loyauté.
Aucun médecin spécialiste n’est installé en province des îles Loyauté. 📍 Pas un cardiologue, pas un ophtalmologue, pas un psychiatre. Pendant ce temps, le Grand Nouméa en totalise 304, soit 94,1 % de tous les spécialistes du territoire (DASS-NC et INSEE, via l’IEOM, 2019).
C’est là toute l’histoire de la démographie médicale calédonienne. Et ce n’est pas celle qu’on raconte d’habitude.
Non — pas à l’échelle du territoire.
En 2022, la Nouvelle-Calédonie comptait 271 médecins pour 100 000 habitants, contre 334 en France métropolitaine à la même date (DASS-NC et INSEE, via l’IEOM). C’est environ 80 % de la densité métropolitaine. Un écart réel, mais qui n’a rien d’un effondrement.
Mieux : la courbe monte. La densité était de 222 pour 100 000 habitants en 2012. En dix ans, le territoire a gagné près de cinquante médecins pour 100 000 habitants. Sur la même période, l’ensemble des professionnels de santé est passé à 2 929 personnes, soit une hausse de 19,2 % (DASS-NC et INSEE, via l’IEOM, 2022).
L’Ordre des médecins de Nouvelle-Calédonie, lui, recensait 1 019 médecins inscrits au 1ᵉʳ mai 2024 — hospitaliers, libéraux et salariés de dispensaires confondus.
| Indicateur | Nouvelle-Calédonie | France | Année | Source |
|---|---|---|---|---|
| Densité médicale, toutes spécialités | 271 / 100 000 hab. | 334 / 100 000 hab. (métropole) | 2022 | DASS-NC, INSEE, via IEOM |
| Densité médicale, série antérieure | 222 / 100 000 hab. | — | 2012 | DASS-NC, INSEE, via IEOM |
| Densité de médecins généralistes | 157 / 100 000 hab. | 178 / 100 000 hab. | 2022 | DASS-NC, INSEE, via IEOM |
| Densité médicale, France entière | — | 337 / 100 000 hab. | 1ᵉʳ janv. 2023 | DREES |
| Professionnels de santé, tous métiers | 2 929 (+19,2 % vs 2012) | — | 2022 | DASS-NC, INSEE, via IEOM |
| Médecins inscrits à l’Ordre | 1 019 | — | 1ᵉʳ mai 2024 | Ordre des médecins de NC |
Le point le plus parlant du tableau est la ligne des généralistes : 157 contre 178 pour 100 000 habitants (2022). L’écart de médecine générale est faible. Ce n’est donc pas là que le système craque.
La Nouvelle-Calédonie, ce sont trois provinces : la province Sud, la province Nord et la province des îles Loyauté. Trois administrations sanitaires distinctes, trois réalités de terrain qui n’ont presque rien en commun.
Les densités provinciales publiées par la DASS-NC dans son mémento Situation sanitaire en Nouvelle-Calédonie (2015) disent tout :
| Territoire | Densité de médecins pour 100 000 habitants | Année | Source |
|---|---|---|---|
| Province Sud | 246,0 | 2015 | DASS-NC, Mémento |
| Province Nord | 123,5 | 2015 | DASS-NC, Mémento |
| Province des îles Loyauté | 87,3 | 2015 | DASS-NC, Mémento |
| Nouvelle-Calédonie (médecins curatifs) | 209,4 | 2015 | DASS-NC, Mémento |
Entre la province Sud et la province des îles Loyauté, le rapport est de un à trois. Un habitant de Maré, de Lifou ou d’Ouvéa vit dans un environnement médical qui n’a rien à voir avec celui d’un habitant de Nouméa — à quelques centaines de kilomètres de distance, dans le même pays, sous la même couverture sociale.
Et pour les spécialistes, l’écart n’est plus un rapport : c’est une absence.
« En province des Îles, aucun médecin spécialiste n’est installé tandis que le Grand Nouméa en totalise 304 (94,1 % du total). »
— IEOM, Rapport annuel économique Nouvelle-Calédonie, chapitre « Démographie des professionnels de santé », données DASS-NC et INSEE, 2019.
Quatre-vingt-quatorze pour cent des spécialistes dans une seule agglomération. C’est le chiffre qu’il faut retenir de la pénurie calédonienne — pas un chiffre global, un chiffre de répartition.
C’est une question honnête, et il vaut mieux y répondre franchement que de maquiller les millésimes.
Il n’existe pas, en Nouvelle-Calédonie, une publication annuelle unique qui agrégerait toute la démographie médicale comme le fait la DREES pour l’Hexagone. Les séries disponibles proviennent de sources différentes, mises à jour à des rythmes différents :
| Donnée | Millésime | Pourquoi cette année-là |
|---|---|---|
| Densité territoriale et généralistes | 2022 | Série IEOM la plus récente, alimentée par la DASS-NC et l’INSEE |
| Répartition des spécialistes | 2019 | Dernière ventilation Grand Nouméa / provinces publiée dans cette série |
| Densités par province | 2015 | Dernier mémento Situation sanitaire de la DASS-NC comportant ce détail |
| Effectif inscrit à l’Ordre | mai 2024 | Comptage ordinal, mis à jour au fil de l’eau |
Trois conséquences pratiques, à garder en tête si vous citez ces chiffres.
Les besoins exprimés de façon convergente par les employeurs publics et les structures de soins calédoniennes portent sur : la psychiatrie et la pédopsychiatrie, la médecine d’urgence, la gastro-entérologie, la pneumologie, l’oncologie, l’ophtalmologie et l’ORL. S’y ajoutent, hors médecine, les chirurgiens-dentistes et les infirmiers.
Ces besoins ne se traduisent pas en volumes publics fiables : il n’existe pas de recensement officiel du nombre de postes vacants par spécialité en Nouvelle-Calédonie. C’est une tendance, pas une statistique — et nous préférons le dire que le chiffrer à tort.
Les postes réellement ouverts, spécialité par spécialité, sont regroupés dans nos offres de mission.
Le système calédonien ne subit pas passivement sa géographie. Il l’organise.
La médecine de proximité est provinciale. L’hôpital relève de la Nouvelle-Calédonie, mais les centres médico-sociaux relèvent des provinces. La Province Nord publie ainsi une liste de 17 structures médico-sociales, désignées par le nom de la commune et son nom kanak — Houaïlou (Waa Wii Luu), Poindimié (Pwêêdi Wiimîâ), Voh (Vook), Bélep (Dau Ar)… Aux îles Loyauté, la compétence sanitaire relève de la DACAS, qui gère plusieurs dispensaires répartis sur Lifou, Maré et Ouvéa.
Le plateau technique est concentré, mais il est réel. Le Médipôle, à Dumbéa, ouvert en décembre 2016, regroupe 528 lits et places et plus de 2 000 agents, dont 250 médecins et chirurgiens (CHT Gaston-Bourret). Le CHS Albert-Bousquet, à Nouméa, seul établissement public hospitalier psychiatrique du territoire, couvre à lui seul la gérontologie clinique, la pédopsychiatrie et la psychiatrie générale, avec des antennes médico-psychologiques en province Nord et aux Îles (gouvernement de la Nouvelle-Calédonie).
Les évacuations sanitaires font le lien. Les EVASAN hors territoire sont organisées par le Contrôle médical de la CAFAT, qui réunit une commission hebdomadaire pour les actes non réalisables sur place (CAFAT). C’est le mécanisme qui permet à un patient d’Ouvéa d’accéder à une spécialité qui n’existe pas sur son île.
Résultat : le médecin qui exerce en brousse ou aux Îles est, très concrètement, le premier et souvent le seul recours médical de son bassin de vie. Il pose l’indication, il stabilise, il décide de l’évacuation. C’est un exercice dense, autonome, et sans équivalent en métropole — au même titre que les pathologies que l’on ne rencontre pas en France hexagonale.
Ils veulent dire que la Nouvelle-Calédonie ne cherche pas des médecins « en général ». Elle en cherche là où la densité décroche — en province Nord, aux îles Loyauté, dans les centres médico-sociaux de brousse — et sur les spécialités absentes du territoire.
Ils veulent dire, aussi, qu’un praticien qui accepte un poste hors Grand Nouméa ne comble pas un trou statistique : il change l’accès aux soins d’une commune entière.
Pour comprendre qui décide quoi, comment fonctionne la CAFAT et comment s’articulent hôpitaux, CMS et aide médicale, commencez par notre guide du système de santé en Nouvelle-Calédonie.
Et si l’idée de soigner au bout du monde a commencé à faire son chemin, MEDI’CAL est le seul cabinet de recrutement spécialisé santé en Nouvelle-Calédonie. L’accompagnement est 100 % gratuit pour les praticiens, de la première question jusqu’à l’arrivée sur le territoire. Il suffit de déposer une candidature pour en parler — ou d’écrire à contact@medi-cal.nc.
Sauter le pas commence souvent par une carte lue correctement.
L'Ordre des médecins de Nouvelle-Calédonie recensait 1 019 médecins inscrits au 1ᵉʳ mai 2024, hospitaliers, libéraux et salariés de dispensaires confondus. Rapporté à la population, cela représente 271 médecins pour 100 000 habitants en 2022, contre 222 dix ans plus tôt (DASS-NC et INSEE, via l'IEOM).
Pas à l'échelle du territoire. Avec 271 médecins pour 100 000 habitants contre 334 en France métropolitaine en 2022 (DASS-NC et INSEE, via l'IEOM), la Nouvelle-Calédonie se situe à environ 80 % de la densité métropolitaine. La pénurie est territoriale : elle apparaît dès que l'on sort du Grand Nouméa.
Aucun spécialiste n'y est installé. En 2019, le Grand Nouméa totalisait à lui seul 304 médecins spécialistes, soit 94,1 % de l'ensemble du territoire (DASS-NC et INSEE, via l'IEOM). Les patients des Îles accèdent aux spécialités par des consultations avancées et par les évacuations sanitaires.
C'est une confusion de périmètre, fréquente et documentée. Cet ordre de grandeur correspond soit à un autre territoire ultramarin dans les données INSEE, soit à la seule province des îles Loyauté, mesurée à 87,3 médecins pour 100 000 habitants en 2015 (DASS-NC). Pour l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie, la valeur vérifiée est 271 pour 100 000 habitants en 2022.
Le guide de référence
Le pilier dont cet article est un satellite : le sujet traité de bout en bout.
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